Quatre façons de relever les heures de fonctionnement
Il existe quatre façons de suivre les heures de fonctionnement à distance : un boîtier qui lit le calculateur moteur par le bus CAN, un boîtier GPS qui envoie un rapport par jour, des données récupérées sur le serveur du constructeur ou du fournisseur de télématique, et une valeur saisie à la main sur le terrain. Plutôt que de demander laquelle est la bonne, il faut demander quel âge a le chiffre que chacune fournit. Pour l’échéance d’entretien, ce qui compte est que le retard reste inférieur à votre seuil d’alerte.
Les quatre cohabitent dans un même parc. Sur la pelle neuve, on peut avoir les données du constructeur ; sur la chargeuse d’âge moyen, un boîtier CAN ; sur le vieux compacteur, seulement la valeur saisie par code QR. La ligne « Dernière lecture » de l’onglet Compteurs de l’engin indique par quel canal et à quelle date la valeur est arrivée ; c’est là que l’on lit la confiance à accorder à un chiffre de la liste.
La norme ISO/TS 15143-3, citée pour la troisième voie, n’est pas une méthode de relevé mais un schéma d’échange de données : elle définit la communication entre le serveur du fournisseur de télématique ou du constructeur et l’application du client. Elle ne couvre ni la collecte des données sur le bus CAN de l’engin, ni leur transfert du boîtier au serveur du fournisseur ; ces deux maillons relèvent du fournisseur. La définition officielle du périmètre se lit sur la page ISO/TS 15143-3:2020.
Les quatre sources côte à côte
Pour un plan de maintenance, trois caractéristiques comptent : ce que la source lit, son retard et l’endroit où elle peut défaillir. Les lignes ci-dessous placent ces trois éléments côte à côte pour chaque source.
- Boîtier sur calculateur (bus CAN) : le boîtier lit le total d’heures propre à l’engin. Dans l’intégration actuelle, le boîtier relié au bus CAN écrit le compteur cumulatif, c’est-à-dire le total d’heures du calculateur moteur. Les données arrivent à l’intervalle d’interrogation : l’intervalle par défaut est de 6 heures par liaison et se règle par projet entre 1 et 24 heures. Point de défaillance : tous les engins n’ont pas cette sortie, et le flux s’interrompt si le câble ou le boîtier est démonté.
- Boîtier GPS : dans l’intégration actuelle, le travail du jour d’un boîtier sans bus CAN arrive le lendemain, sous forme de total journalier, et s’inscrit à l’enregistrement de ce jour ; le travail d’aujourd’hui n’est pas encore visible. Point de défaillance : la durée comptée par le boîtier peut ne pas correspondre exactement aux heures moteur de l’engin.
- Données du constructeur (ISO/TS 15143-3) : récupère la donnée d’heures par l’interface standard du constructeur ; l’accès est autorisé par votre entreprise depuis son propre compte constructeur. C’est le serveur du constructeur qui détermine la fraîcheur de la donnée ; l’intervalle d’interrogation côté Reper est le réglage de liaison indiqué plus haut. Point de défaillance : si l’engin n’est pas enregistré dans le compte du constructeur ou si l’autorisation a expiré, aucune donnée n’arrive.
- Saisie manuelle : l’opérateur, le mécanicien ou le pointeur écrit la valeur du compteur par code QR, par l’application mobile ou par la page de saisie des compteurs. Le retard est le temps écoulé depuis la dernière saisie. Point de défaillance : oublier de saisir, ou écrire une estimation sans regarder le compteur.
Saisie manuelle : choix du mode et chargement en lot
Dans la fenêtre de nouvelle saisie de compteur, le champ « Mode » propose deux options : Cumulatif, c’est-à-dire la valeur totale affichée au compteur, ou Incrément journalier, c’est-à-dire le nombre d’heures travaillées ce jour-là. Confondre les deux est une erreur fréquente ; si l’on écrit l’incrément journalier à la place du total, les heures de l’engin reculent d’un coup de plusieurs centaines d’heures. À chaque saisie, la date et l’heure de lecture sont aussi renseignées : une lecture d’hier peut donc être saisie aujourd’hui.
Quand il faut charger d’un coup des lectures passées, on utilise le modèle de compteurs du module d’import Excel. Une fois le fichier chargé, l’aperçu compte séparément les lignes Nouvelles, À mettre à jour, Ignorées et En erreur ; les lignes en erreur se téléchargent en CSV pour être corrigées. Pour les entreprises qui transfèrent des heures depuis un autre système, le module d’accès API fait le même travail par appel en lot.
Quand il y a deux sources sur le même engin
Sur un engin équipé d’un boîtier GPS, si l’opérateur saisit aussi le compteur à la main, deux lectures peuvent se contredire. Le réglage « Source principale » règle ce cas. Par défaut, la valeur courante est calculée à partir des lectures de toutes les sources. Si l’on choisit Télémétrie ou Saisie manuelle pour un engin et un type de compteur, la valeur courante ne vient que des lectures de cette source ; celles qui arrivent par l’autre canal restent à part avec l’étiquette « Hors source principale ».
La règle pratique : sur un engin dont la télémétrie est bien installée, mettez la télémétrie en source principale et n’utilisez la saisie manuelle que pour contrôle. Si la télémétrie s’interrompt, ne masquez pas cette coupure en changeant la source principale ; l’alerte de compteur périmé décrite plus bas rend l’interruption visible.
Quand le compteur est remis à zéro ou le boîtier remplacé
Quand le compteur d’affichage d’un engin tombe en panne et qu’un neuf est posé, le total d’heures enregistré ne doit pas revenir à zéro. Le bouton « Remettre le compteur à zéro » de l’onglet Compteurs demande deux valeurs : Heures à la remise à zéro (total) et Nouveau départ du compteur. Exemple : l’ancien compteur est tombé en panne à 1 855 heures, le nouveau repart de zéro ; on saisit 1 855 et 0. Si le nouveau compteur affiche 40 heures, le système utilise un total de 1 895 heures, et le plan de maintenance et les moyennes reprennent là où ils en étaient.
Les remises à zéro effectuées restent dans la liste « Historique des remises à zéro ». Vous pouvez supprimer une saisie erronée ; le total d’heures est recalculé. Quand un boîtier de télémétrie est remplacé, comparez le premier jour la valeur affichée dans le tableau de bord avec le compteur propre de l’engin. S’il y a un écart, saisissez à la main la valeur du compteur en mode Cumulatif.
Repérer l’engin qui n’envoie plus de données
Quand le compteur s’arrête sans bruit, le plan de maintenance dérive sans bruit. Si la dernière lecture d’un engin dont le suivi de maintenance est actif date de trois jours ou plus, il apparaît dans la catégorie « Compteur de maintenance » de la page Liste de contrôle ; s’il n’y a aucune lecture ou si la dernière valeur est zéro, la ligne est marquée comme compteur non saisi. Le bouton « Saisir le compteur » de chaque ligne mène directement à la page de saisie.
Le même seuil alimente aussi le résumé quotidien : la notification « Lecture de compteur périmée » indique le code de l’engin et depuis combien de jours aucune lecture n’est arrivée. Regarder cette liste le lundi matin permet de repérer l’engin dont la télémétrie s’est coupée ou dont l’opérateur est en congé sans attendre une semaine. La liste ne regarde pas la source : une coupure de télémétrie comme un oubli de saisie manuelle apparaissent sur la même ligne.
Effet sur l’échéance d’entretien : exemple de calcul
C’est vous qui fixez dans le programme de maintenance combien d’heures avant l’entretien l’alerte d’approche commence ; pour une maintenance calendaire, le même réglage se saisit en jours. Les 25 heures ci-dessous ne sont qu’un exemple. L’engin travaille 9 heures par jour en moyenne, l’alerte de la maintenance de 500 heures commence 25 heures avant, donc à 475 heures, et le tableau de bord affiche 492 heures. Le tableau de bord présente l’engin comme entretien à venir. Si le compteur est saisi à la main et que la dernière saisie date de quatre jours, la valeur réelle est d’environ 492 + 4 × 9 = 528 heures : l’entretien est dépassé de 28 heures, alors que le tableau de bord dit encore seulement qu’il approche. L’engin ne passe parmi les entretiens en retard qu’une fois une nouvelle lecture saisie.
Pensez au retard avec deux mesures distinctes : le temps calendaire écoulé depuis la dernière lecture, et le travail que l’engin peut réellement avoir fait pendant ce temps. Avec un boîtier GPS, le total journalier n’arrivant que le lendemain, un à deux jours de travail peuvent rester invisibles ; pour un engin qui travaille 9 heures par jour, cela fait de 9 à 18 heures. Avec un boîtier CAN, l’intervalle d’interrogation par défaut est de six heures ; si l’engin travaille sans arrêt entre deux interrogations, jusqu’à six heures de travail ne sont pas encore dans le tableau de bord. Les quelque 2 heures obtenues en répartissant les 9 heures journalières également sur la journée ne sont qu’une moyenne, pas une borne supérieure. Critère général : le travail maximal que l’engin peut faire pendant le retard de la source doit rester inférieur au seuil d’alerte du programme. Pour choisir le seuil et les paliers de maintenance, voir le guide du plan de maintenance préventive.
- Saisie manuelle, une fois par semaine : jusqu’à 7 jours × 9 heures = 63 heures de travail restent invisibles. L’exemple de seuil de 25 heures est dépassé ; il faut une saisie quotidienne ou la télémétrie.
- Rapport journalier GPS : 1 à 2 jours × 9 heures = 9 à 18 heures. Reste en dessous de l’exemple de seuil de 25 heures.
- Boîtier CAN, intervalle par défaut de 6 heures : au plus 6 heures de travail invisibles entre deux interrogations. Si l’intervalle est porté à 24 heures, cela monte à tout le travail que l’engin peut faire en une journée, soit jusqu’à 9 heures dans l’exemple ; on reste encore sous l’exemple de seuil de 25 heures.
Vérification à faire pendant les deux premières semaines
Avant de faire confiance à une source, testez-la face au compteur propre de l’engin. Cinq engins suffisent : au moins un par source.
- Photographiez le compteur des engins choisis et enregistrez-le avec sa date.
- Notez, le même jour, la valeur affichée dans le tableau de bord et le canal de la ligne « Dernière lecture ».
- Si l’écart dépasse le dixième du seuil d’alerte, interrogez la source ou le réglage du boîtier.
- Définissez la source principale engin par engin et notez les changements.
- Au bout de deux semaines, vérifiez que la catégorie « Compteur de maintenance » de la page Liste de contrôle est vide.

